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Publié le samedi 2 décembre 2017

Un groupe de travail inter-disciplinaire - Verneuil d’Avre & d’Iton

« Enfants violents »

Mercredi 20 déc. 2017, mardi 20 fév., mardi 24 avril 2018 - 18h

Un groupe de travail inter disciplinaire se réunit régulièrement à Verneuil. Il est ouvert aux professionnels qui ont une pratique avec les enfants et leurs familles, dans la Cité, et qui s’interrogent sur les difficultés qu’ils rencontrent. Ce groupe prend pour axe de travail ce qui sera l’objet de la prochaine rencontre de l’Institut de l’Enfant : « Enfants violents ».

Dans l’après-coup de la séance du 20 février

* Ce groupe a pour objectif de se retrouver entre professionnels exerçant dans le champ de l’enfance, discuter de situations qui posent difficulté et nous laissent dans l’impasse, et de créer un réseau d’échanges entre collègues. C’est un pari sur la Conversation.

Nous évoquons en préambule –au sujet de permanences du responsable du Relais Assistantes Maternelles, qui se tiendront dans les nouveaux locaux du Centre Social de la MJC de Verneuil - que c’est un pas vers les familles : faire offre de rencontre pour des familles pour lesquelles aller vers du nouveau lieu est difficile.

L’enseignante de Toute petite section1 raconte que des tout-petits se poussent et « n’ont pas conscience de faire mal » dit-elle. Nous réfléchissons : la punition est elle vraiment adaptée pour ces enfants de 2 ans ? Leur geste a sûrement un sens et demande que la fonction du tiers s’élabore, pour ces tout-petits encore aux prises, parfois, avec la mise en place du « stade du miroir » : moment crucial qui permet au sujet de se différencier de l’autre qui n’est pas le même que lui !

La responsable du Multi Accueil expose la situation problématique d’une petite fille qui se montre agressive, mais aussi extrêmement tendue. La situation d’accueil est complexe. Ils ont parlé avec les parents, des tentatives de solution s’élaborent. Elle remarque que sa présence peut apaiser l’enfant, par exemple quand elle a pu sortir du groupe avec la petite et lui parler. Il est nécessaire de savoir inventer, bien au-delà d’une règle qui s’imposerait pour tous les enfants. Nous soulignons qu’il n’est en effet pas seulement question des « compétences » des professionnelles –pas remis en cause- mais de la difficulté de cette fonction auprès de tout-petits, et que cela renvoie chacun aussi à soi. Une participante témoigne de sa fonction dans le passé de Directrice de crèche, de ses observations éclairées à partir aussi de son expérience en pédopsychiatrie. Une psychologue va intervenir dans cette équipe, embauchée par l’intercommunalité. Nous soulignons qu’il serait précieux qu’elle puisse aussi intervenir auprès des familles.

Une élue en charge des affaires scolaires soulève la question de pouvoir transmettre des infos d’une structure à l’autre, -dans ce cas, du Multi-accueil à l’école : cela serait il judicieux pour ne pas « perdre de temps » comme elle le pense ? Nous discutons du nécessaire temps des parents pour cheminer, de l’impact de la façon dont on peut parler avec eux, avec l’enfant. Mais aussi bien sûr de l’utilité de nous connaître, de savoir nous parler entre professionnels. C’est tout l’enjeu de notre groupe de travail : bien au delà de transmettre des infos, échanger ensemble nous permet de mesurer les impasses dans lesquelles nous nous trouvons, les failles de nos structures, notre subjectivité en jeu dans nos réponses, mais aussi nos partenariats et comment on peut les utiliser au mieux.

Parler entre nous, pour mieux nous y prendre pour parler aux familles ?

Nous mesurons grâce à des exemples apportés par une participante (élue municipale appelée à intervenir en cas d’incivilités), l’impact de la parole –parole qui sermonne à l’occasion- quand elle est adressée de façon juste, et d’une façon qui soutient le sujet enfant. Nous relevons ce qu’il y a d’essentiel en effet quand cette responsable exige de « rencontrer » tout enfant et toute famille pour qui elle va être amenée à prononcer une sanction, voir une exclusion ; elle témoigne de son sentiment d’échec, même si c’est parfois une sanction nécessaire.

Lui parler, parler aux parents de ce qui ne va pas au sujet de l’enfant, donne une chance à ce que quelque chose cesse ou s’adoucisse, qu’un « laisser-tomber de l’Autre » auquel certains sujets (devenus adultes à l’occasion) ont eu affaire ait chance de cesser.
Les conséquences sont immédiates, les exemples donnés ce soir en témoignent !

Nous mesurons en nous parlant que certains d’entre nous voudraient faire plus pour ces familles, ces enfants. Comment supporter le temps du cheminement de chacun, comment manœuvrer avec les ruses des parents pour savoir y faire avec un Autre qu’ils jugent menaçant, et supporter qu’un enfant pendant ce temps puisse nous paraître en difficulté ?
Nous nous questionnons : qu’y a-t-il à dire à l’enfant, pour qu’il ait chance de prendre sa part dans ce qui lui arrive ? Et à l’occasion, cesser de se mettre en danger !

L’élue municipale amène à la discussion le problème de la Cantine, moment insupportable par le bruit, les incivilités qui y règnent. Les parents souvent protègent leurs enfants et ne supportent pas qu’une sanction, voir une simple réprimande soit émise ! Le personnel excédé crie sur les enfants ; les formations pourtant proposées semblent passer inaperçues de certains agents ...
La discussion est riche : on note
-  de tout temps, les enfants ont aimé faire de petites transgressions
-  ne devient on pas intolérant aux moindres bêtises ?
-  ne met-on pas la barre très haut dans les attentes envers l’enfant ? envers les parents ?
-  n’est-on pas contaminé par la vision de « l’enfant idéal » ?

Face à ce problème qui laisse les responsables décontenancés, eu égard à l’échec de toutes les choses mises en place jusqu’ici, Laurence Morel propose que nous puissions réfléchir à mettre en place des « conversations », sur le mode des actions du CIEN (« Centre Inter-disciplinaire sur l’ENfant »)
Les responsables vont se recontacter pour voir comment mettre en place cela, tant du coté des intervenants à la Cantine, que du coté des enfants …

Faire le « pari de la conversation2 »

Cette rencontre encore une fois a été l’occasion d’un véritable échange constructif : la convivialité, la confiance entre les participants, l’humour aussi, ont permis que ce qui peut être à l’occasion très difficile à supporter pour chacun dans sa fonction devienne plus léger. Partager le poids de ce que l’on rencontre permet d’élaborer de nouvelles façons de faire avec.

Laurence Morel

Notes :
1 Toute Petite Section de Maternelle : dispositif créé par l’Education Nationale, et mis en place à Verneuil depuis 3 années, qui permet d’accueillir des enfants de moins de 3 ans, avec un accueil plus souple pour les familles ; cet accueil est prioritairement destiné à Verneuil aux enfants en famille en situation précaire.
2 cf. CIEN


Ce groupe est animé par Laurence Morel.

Il se réunira mercredi 20 décembre 2017, mardi 20 février, mardi 24 avril 2018 de 18h à 19h30.

Le 24 avril :
Ecole Croix Saint Pierre,
91 rue Croix Saint Pierre,
27130 Verneuil d’Avre & d’Iton

Renseignements :


Ou par téléphone :
Laurence Morel, 06 76 48 59 41

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