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Publié le jeudi 13 juin 2024

A lire...

ORNICAR ? 58, Mourir

Une revue du Champ Freudien

s/dir. Jacques-Alain Miller, Deborah Gutermann-Jacquet

« La mort est du domaine de la foi. »
Jacques Lacan


Présentation



Après « Dire », puis « Croire », Ornicar ? poursuit sa série avec « Mourir ».

Les débats sur l’euthanasie ou sur le droit de choisir sa mort, le retour de la violence de guerre font l’actualité de la question de la mort. Toujours là, pour chaque vivant, à chaque instant, elle se présente sous des masques bien différents en fonction des lieux, des temps ou encore de l’échelle envisagée, collective ou individuelle.

Pour ce numéro 58, Ornicar ?, revue de psychanalyse ouverte aux champs de savoir, voyage de la Grèce archaïque à l’époque contemporaine. Que nous apprennent les rites funéraires et le suicide antique du rapport que les Anciens entretenaient à la mort, à sa symbolisation et à la mort volontaire ? Dans la tragédie, comment est représenté le moment de mourir où la vie quitte le corps, moment de passage qui, au XIXe siècle, peuple une certaine culture folklorique et populaire ? Un historien, Anton Serdezcny, spécialiste de l’histoire de la réanimation, du retour des morts à la vie, nous y intéresse. Cette question hante aussi ceux qui alors se font construire un « cercueil de survie », au cas où ils ne seraient pas tout à fait morts à leur enterrement. Étrange écho avec les tenants du post-humanisme qui, comme l’analyse le philosophe Frédéric Wolff, pensent aujourd’hui pouvoir échapper à la mort.

Peut-on apprendre à cesser d’avoir peur de la mort ? Cette question résonne autrement pour les condamnés à la peine capitale ; l’historienne Anne Carol analyse les derniers instants de ceux qui marchent à l’échafaud. Cette tentative d’Ornicar ? pour serrer au plus près le passage de vie à trépas s’accompagne d’articles brefs.

Les contributions d’Ornicar ? 58 se penchent sur les dimensions symboliques, imaginaires et réelles de la mort – réel au sens que Lacan lui donne, à savoir l’impossible. Cette dimension réelle, Maxime Decout, le spécialiste de Perec, à propos de son roman La Disparition, en donne une idée. Et autrement, Stéphane Audoin-Rouzeau qui interroge la spécificité du mourir à la guerre. Et encore, le chercheur en sciences politiques Hugo Micheron, qui analyse le rapport des jihadistes à la mort et ce qu’il nomme leur millénarisme.

« A la fin c’est toujours la mort qui gagne », disait Staline à la façon de La Palisse, avec un accent de fatalité que la psychanalyse ne partage pas, malgré sa force d’évidence. La célèbre phrase de Lacan en témoigne : « La mort est du domaine de la foi ».

Une contribution inédite de Jacques-Alain Miller nous invite à faire retour, à partir de la fin, sur la question du commencement : la fin d’une analyse, dit-il, se déduit de son début. Dans une dimension moebienne, Ornicar ? referme ainsi sa boucle sur la question du début : « Au commencement était le transfert », une leçon sur le ressort essentiel de la psychanalyse, et ce qui fonde son dispositif. Sans lui, pas de fin possible, ni de commencement.



SOMMAIRE



Liminaire

Mourir hier

- Reine-Marie Bérard, Dans le monde grec
- Jean-Louis Voisin, La mort volontaire dans la Rome antique
- Jean-Michel Déprats, Dans le théâtre de Shakespeare
- Laurent Thirouin, Un implicite du pari de Pascal
- Dan Arbib, Sur l’immortalité de l’âme
- Anne Carol, Marcher au supplice
- Stéphanie Sauget, Survivre à sa mort au XIXe siècle ?
- Anton Serdeczny, Réanimer les morts
- Stéphane Audoin-Rouzeau, À la guerre

Disparaître

- Maxime Decout, La Disparition de Perec

Mourir demain

- Carole Dewambrechies-La Sagna, Sur la fin de vie
- Francis Wolff, Mourir ou ne pas mourir ?
- Hugo Micheron, Le millénarisme des jihadistes

Mourir en bref

- Anaëlle Lebovits-Quenehen, Joseph de Maistre
- Nathalie Georges-Lambrichs, Chateaubriand
- Catherine Lazarus-Matet, Staline
- Philippe Hellebois, Mourir dans le roman policier
- Réginald Blanchet, Angoisse de guerre
- Luc Garcia, Maurice Pinguet
- Virginie Leblanc, Catherine Millot

Psychanalyse

-  Jacques-Alain Miller, « Au commencement était le transfert »


La rédaction : Jacques-Alain Miller, président ; Sophie Marret-Maleval, conseil ; Deborah Gutermann-Jacquet, directrice ; France Jaigu, rédactrice.

Auteurs : Réginald Blanchet, Carole Dewambrechies-La Sagna, Luc Garcia, France Jaigu, Nathalie Georges-Lambrichs, Philippe Hellebois, France Jaigu, Catherine Lazarus-Matet, Virginie Leblanc-Roïc, Anaëlle Lebovits-Quenehen, Jacques-Alain Miller.

Et des auteurs de disciplines plurielles : Dan Arbib (philosophe), Stéphane Audoin-Rouzeau (historien), Reine-Marie Bérard (historienne et archéologue), Anne Carol (historienne), Maxime Decout (essayiste), Jean-Michel Déprats (traducteur de théâtre), Hugo Micheron (enseignant-chercheur), Stéphanie Sauget (historienne), Anton Serdeczny (historien), Laurent Thirouin (critique littéraire), Jean-Louis Voisin (historien et journaliste), Francis Wolff (philosophe)


Cette revue est éditée par Le Champ Freudien ; elle sera disponible dès le 15 juin à lalibrairie du colloque UFORCA, sur ECF-Echoppe (18€) dès le 18 juin ou à la librairie de l’ACF-Normandie - envoyer un mail à Delphine Souali.


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