ACF-Normandie

Accueillir ce qui cloche. Le pari de la psychanalyse

Samedi 10 février 2018 - Journée clinique - Rouen

Samedi 30 décembre 2017, par MB // Rencontres







L’ Association Cause Freudienne en Normandie



vous invite à une

journée clinique


Accueillir ce qui cloche. Le pari de la psychanalyse


avec Mariana Alba de Luna, Psychanalyste, Membre de l’ECF, Membre cofondateur de La Main à l’oreille

et la participation de psychanalystes et de professionnels, praticiens travaillant en CMP, Hôpitaux de jour, Association dédiée à l’insertion, Service psychiatrique dédié à la précarité (accueil des migrants demandeurs d’asile), ainsi qu’à l’association Geppetto et la Maison d’Assistants Maternels Les Petits Inventeurs .


Accueillir ce qui cloche chez un être parlant est la fonction traditionnelle des institutions de soins au sens large du terme. Cette mission classique est désormais battue en brèche par un contexte qui voit l’économique surclasser la dimension clinique, en même temps que se fait jour un pousse-à-la normalisation généralisé, appareillé à des « protocoles » promus par des bureaucraties sanitaires dont le contrôle se fait de plus en plus pesant. Dès lors l’accueil, ses conditions de possibilité, viennent concentrer le plus brûlant de notre époque, avec ses nouvelles modalités ségrégatives : tous ne seront pas accueillis et pour ceux qui le seront, un protocole vaudra pour tous au sein de chaque classe de « troubles » – le tri est le secret de chaque protocole qui rêve d’évaporer ce qui cloche. In fine ce qui cloche sera exclu ou rejeté, et reviendra sous des formes de plus en plus sauvages – au sein des institutions de soins, mais aussi dans des institutions classiquement dévolues à d’autres missions (l’enseignement, l’éducation, l’insertion sociale etc.), dans la rue et dans les lieux de détention, de rétention ou de « relégation » sociale.

La clinique, elle, se situe nécessairement au-delà des protocoles ; depuis Freud, Lacan et l’extension du Champ freudien, la clinique est puissamment subvertie de façon permanente par la psychanalyse dont l’influence et la dynamique sont fondamentalement déségrégatives : chacun sera accueilli, car ce qui cloche définit la condition de l’être parlant ; et ce qui sera accueilli le sera « sur mesure » – ce qui vaut pour un ne valant pas pour tous. Ni normalisation ni rejet ni tri, mais permettre par un certain mode de présence et de maniement de la parole l’installation d’un « lieu » qui accueille ce qui cloche pour en faire sourdre le plus singulier d’un être parlant, pas sans un « lien » transférentiel, afin que puissent se déployer les circuits de la parole, du désir et de la jouissance et qu’un usage nouveau puisse s’en dégager : tel serait l’enjeu et le pari de la psychanalyse, pour tous les praticiens qui s’en font une boussole.

Mais ce qui cloche confronte chaque praticien de l’accueil – psychiatre, psychologue, infirmier, éducateur spécialisé, enseignant spécialisé ou non etc. –, qu’il le sache ou pas, à l’angoisse, causée par l’insupportable et l’horreur de savoir. Notre époque est précisément marquée par une formidable poussée de l’angoisse dont la fuite dans les protocoles n’est qu’une des expressions sociales. Cette poussée de l’angoisse est loin d’épargner les institutions, bien au contraire. Le pari de la psychanalyse est celui de désangoisser l’institution, que chacun puisse y être renvoyé à ce qui le divise, à sa propre horreur de savoir à nulle autre semblable, qu’il puisse se produire un déplacement effectif, une certaine place nette, une disponibilité à l’invention et la gaîté d’un savoir toujours nouveau.

Nous vous proposons d’explorer les ressources de ce pari lors d’une Journée clinique, le samedi 10 février à Rouen, qui donnera la parole à ces praticiens de l’accueil orientés par la psychanalyse – dans des institutions psychiatriques pour adultes et pour enfants, dans l’institution scolaire, dans ces nouvelles institutions qui se vouent à « l’insertion » ou à la « précarité » ; signe des temps, sous cette dernière enseigne viennent désormais se loger les « migrants demandeurs d’asile ». Nous donnerons aussi la parole à des collègues qui ont créé des institutions : Geppetto qui accueille des jeunes en grande difficulté dans le lien social et Les petits inventeurs, une Maison d’Assistants Maternels qui accueille des enfants « autistes ». Notre invitée sera Mariana Alba de Luna, psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause Freudienne, co-fondatrice de La Main à l’Oreille, association de parents et amis de personnes avec autisme.

Marie-Hélène Doguet-Dziomba

Samedi 10 février 2018, de 9h30 à 18h

Accueil à partir de 9h

Halle aux toiles,
44 Place de la Haute Vieille Tour, à Rouen (76).
Consulter le plan d’accès »

Ouvert à tous, participation : 20 euros ; chômeurs, étudiants : 10 euros

Renseignements :
Marie-Hélène Doguet-Dziomba



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