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Publié le mardi 2 juillet 2024

L’Edito de la déléguée régionale de l’ACF en Normandie

Nouvelles de juillet

Juillet 2024





Communiqué du Directoire

de l’École de la Cause freudienne


En 2022, l’École de la Cause freudienne publiait le communiqué suivant que nous reproduisons ici parce qu’il est plus que jamais d’actualité :

L’Ecole de la Cause freudienne, par son directoire, prend acte des résultats électoraux de dimanche soir. Elle rappelle son attachement à l’état de droit et aux valeurs de la démocratie qui sont nécessaires à l’exercice des libertés, dont celle de pratiquer la psychanalyse dépend, et son rejet de l’extrême-droite qui va contre.

Pour le Directoire,
Eric Zuliani, Président de l’ECF


Pour le Directoire,
Anaëlle Lebovits-Quenehen, Présidente de l’ECF


La politique selon Lacan :

le discours du maître comme l’envers de la psychanalyse



Dans un entretien avec Jean Pierre Cléro en 2003, Jacques-Alain Miller disait ceci du rapport de Lacan à la politique :

« Que retiendrait un lecteur qui feuilletterait les écrits et les dits de Lacan en cherchant comment caractériser le rapport de Lacan à la politique ? Il me semble que ce qui lui apparaitrait le plus saillant, c’est la défiance à l’endroit des idéaux, des systèmes et des utopies dont le champ politique est semé. Il ne croit pas aux lois de l’histoire. Il récuse Bossuet comme Toynbee, Comte avec Marx. On ne trouve pas un mot chez lui qui puisse faire penser qu’il entretenait l’idée d’aucune cité radieuse, qu’elle soit placée dans le passé ou projetée dans l’avenir. Pas de nostalgie, pas d’espoir non plus. Quant au présent, quant à la modernité, il a comme Freud le sentiment très vif de ses impasses. Les lendemains ne chantent que le chant du malaise. Ce que l’on trouve au contraire, et à foison, ce sont des notations sur la politique qui vont de l’ironie au cynisme, ponctuées de sarcasmes et de ricanements divers. Elle est comique et elle est meurtrière. Ce qu’il retient du cardinal de Retz, c’est que ce sont « les peuples toujours qui soldent les frais de l’évènement politique . Il peint le conquérant qui arrive avec toujours ces mots à la bouche : « au travail ! L’aliénation du travail pour lui est un fait, mais un fait de structure, si bien que la lutte des classes encourage seulement les exploités à rivaliser sur l’exploitation, que les exploitants s’évertuent à perpétuer… »

« Aux yeux de Lacan la politique procède par identification, elle cherche par là à capturer le sujet. Celui-ci, il faut le dire, ne demande que ça, étant, comme inconscient, en manque d’identité, vide, évanouissant, comme le cogito précisément avant que le grand Autre divin ne le stabilise. C’est au moins la lecture de Guéroult. C’est ici le rôle que joue l’Autre, non plus divin mais politique, si l’on veut, ce que Lacan appelle le discours du maître où il ne voit rien d’autre que l’Envers de la psychanalyse. Car la psychanalyse va contre les identifications du sujet, elle les défait une à une, les fait tomber comme les peaux d’un oignon. De ce fait, elle rend le sujet à sa vacuité primordiale, ce qui, du même coup, dégage le fantasme inconscient qui ordonnait ses choix et sa destinée, et isole ce qui le supporte, de quelque nom qu’on l’appelle : le quantum de libido, l’objet petit a, le condensateur de jouissance. Il en résulterait une possibilité inédite pour le sujet de « traverser » son fantasme, et de prendre un nouveau départ... C’est suffisant ; je l’espère, pour que je puisse avancer devant vous que, pour Lacan, la psychanalyse est l’envers de la politique. »

Donc l’inconscient est une relation ou quelque chose qui se construit dans une relation avec un Autre c’est pour cela que Lacan a pu dire que : « L’inconscient c’est la politique, en proférant cette formule, Lacan n’a rien fait d’autre que d’annoncer ce discours du maître dont il a construit le schéma dans la foulée de Mai 68, sans doute pour indiquer à ses auditeurs, qui se multipliaient alors, déconfits qu’ils étaient de la participation aux événements, que l’issue qu’ils cherchaient ils la trouveraient plutôt du côté de la psychanalyse, et par le biais d’une désidéalisation de la politique. »

Alors à la question : Le fait de se dire psychanalyste implique-t-il nécessairement un choix politique ? Miller répond : « Mais oui. Qui pratique la psychanalyse doit logiquement vouloir les conditions matérielles de cette pratique. La première, c’est l’existence d’une société civile au sens propre, comme distincte de L’État, celle qu’un Adam Ferguson voyait émerger sous ses yeux non sans perplexité. D’ailleurs La psychanalyse n’existe pas là s’il n’est pas permis d’ironiser, de mettre en question les idéaux de la cité, sans avoir à boire la cigüe. Elle est donc incompatible avec tout ordre de type totalitaire, qui rassemble dans les mêmes mains le politique, le social, l’économique, voire le religieux. Elle a partie liée avec la liberté d’expression et avec le pluralisme. »

La lecture de cette interview est précieuse pour nous dans le contexte politique actuel et le communiqué du directoire de l’ECF nous invite à rester vigilants. Vous trouverez cette interview en cliquant sur « Lacan et la politique », vous pourrez la lire dans CAIRN et elle a été publiée dans la revue Cités n°4.

Nous allons donc nous retrouver en septembre, les enseignements et soirées reprendront, la première matinée de travail aura lieu le samedi matin 21 septembre, notre invitée sera le Docteur Ligia Gorini, membre du Conseil de l’ECF. Nous pourrons y entendre les nouveaux membres de l’ACF en Normandie, Elisa Ali Cherif, Xavier Roux, Delphine Souali. Nous aurons donc la possibilité aussi de réfléchir sur les cartels, s’y mettre, en constituer, etc… Un déjeuner nous réunira au local de l’ACF à Rouen, puis pour les membres de l’ACF nous nous réunirons pour l’Assemblée consultative annuelle au cours de laquelle nous ferons le bilan de l’année 2023 et élaboreront nos projets à venir.

Retenez aussi votre journée du 11 octobre à l’Université d’Evreux, organisée par l’ACF et le réseau CEREDA en formation dans l’Eure, sur le thème « Concernés par les violences », notre invitée sera le Docteur Corinne Rezki, médecin psychiatre à l’Unité soins Etudes d’Aubervilliers. Nous dialoguerons avec les enseignants, les éducateurs autour des situations dites violentes rencontrées dans leurs pratiques.

En espérant vous retrouver en pleine santé en septembre après des vacances les meilleures possibles pour chacune et chacun de vous !

Marie-Claude Sureau, déléguée régionale de l’ACF en Normandie

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