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Publié le mardi 4 septembre 2018

Séminaire ACF 2018-19 - Verneuil d’Avre & d’Iton

Séminaire de lecture et recherche : « Enfants violents »

Mardi 25 sept., 6 nov. et 18 déc. 2018


Rencontrer des enfants et leurs familles dans nos pratiques professionnelles ou associatives ne peut qu’ouvrir des questions, si tant est qu’un discours trop consistant ne vienne réprimer ces questions trop hâtivement avec des réponses socio-éducatives toutes faites.

Nous nous laisserons interroger par des textes d’orientation lacanienne qui retiennent toute notre attention pour éclairer cette clinique de l’enfant d’aujourd’hui.

Et plus particulièrement : plusieurs d’entre nous sont confrontés à des enfants que l’on peut dire difficiles-violents, indociles ou rebelles à toute forme d’autorité, effrontés, meneurs, etc. Le choix décidé de ne pas céder aux sirènes du discours du maître pour éclairer notre lanterne nous fait préférer des lectures qui font toute leur place au manque dans la relation d’objet, comme Lacan nous l’enseigne dans son séminaire IV1.

L’actualité, dans le Champ Freudien, de la prochaine Journée de l’Institut de l’Enfant nous amène à orienter nos lectures dans la voie ouverte par Jacques-Alain Miller lors de son intervention à la 4e journée de l’IE2, qui nous servira de fil conducteur pour nos rencontres de l’année.

Laurence Morel

Notes :
1 Jacques Lacan, Le séminaire, livre IV, La relation d’objet, Seuil, 1994.
2 « Enfants violents », intervention de clôture de la 4e Journée de l’Institut de l’Enfant, par Jacques-Alain Miller, paru dans le volume Après l’enfance ou disponible en téléchargement


- Mardi 25 septembre :
Pour ce premier rendez-vous, nous nous arrêterons d’abord sur une question que soulève Hélène Bonnaud dans sa chronique « Familles : questions cruciales », sous le titre : « Enfants-tyrans1 » ; lire et découvrir les références au séminaire IV qu’elle indique sera notre introduction à ce séminaire.
- Mardi 6 novembre
- Mardi 25 décembre

Note :
1 « Enfants-tyrans », paru dans Lacan Quotidien, n° 782, 19 juillet 2018.


Ce séminaire est animé par Laurence Morel.

Les mardis 25 septembre, 6 novembre et 18 décembre de 20h à 21h30.

CMP
86 rue de la Vannerie
Verneuil d’Avre & d’Iton
Consulter le plan d’accès
Ouvert à toute personne intéressée, inscription nécessaire.

Participation aux frais : 5 € par soirée ou 25 € pour assister à l’ensemble des séminaires organisés en soirée par l’ACF-Normandie ; demi-tarif pour les étudiants et les demandeurs d’emploi. Chèque à l’ordre de ALACFN (Association logistique de l’ACF-Normandie)

Renseignements et inscription auprès de Laurence Morel : 06 76 48 59 41
ou Envoyer un mail à Laurence Morel


Après la séance... du 25 septembre

En cette rentrée à Verneuil un nouvel atelier se met en place, dont le travail de lecture est orienté par le thème de la prochaine journée de l’Institut de l’Enfant « Enfants violents ». Il a débuté ses travaux mardi 25 septembre, réunissant une dizaine de personnes, et se donne pour tâche de lire des textes d’orientation lacanienne sur ce thème, dont Jacques-Alain Miller a tracé les sillons dans son « Intervention de clôture ». Interrogés par leurs diverses pratiques professionnelle ou associative, les participants s’attellent à la tâche de lire, commenter, questionner, échanger. Travail qui produit des effets éclairants de retour sur la clinique, à partir des concepts un peu défrichés, apprivoisés.

Pour entrer en matière, nous avions décidé de nous arrêter sur le texte d’Hélène Bonnaud : « Enfants-tyrans » ; signifiant particulièrement parlant note-t-elle pour « nommer un comportement dérangeant chez l’enfant » ! Nous nous avançons avec elle pour saisir les enjeux de ce qui arrive là à l’enfant, questionnant ce que peuvent être les fondements de la dite tyrannie de l’enfant quand elle a lieu. Hélène Bonnaud démasque dans ce texte la peur terrorisante chez beaucoup de parents aujourd’hui que leur enfant « ne se sente plus aimé ». Il s’ensuit, dit-elle, que l’enfant se fait alors le maître dans une relation duelle entre le parent et lui, revendiquant « d’obtenir tout ce qu’il veut quand il le veut ». Loin des thèses comportementalistes qui fleurissent pour répondre à des parents désemparés (dans des consultations où les parents reçoivent une réponse « éducative »), elle isole « un nouage faussé dans la relation parent-enfant » ; l’enfant tyran est « un symptôme dans la famille » avance-t-elle …
Qui eût cru – à l’heure où « l’éducation bienveillante » devient un précepte auquel on ne devrait pas déroger nous avertit-on (sous peine d’être le propre instigateur de la violence de l’enfant1 !) – qu’il est pourtant nécessaire que l’enfant en tant que tel, conçoive que du lien désirant entre ses parents, il est bel et bien « exclu » !

Soupçonnait-on encore que si « l’amour est certes vital pour le développement d’un enfant », il peut être aussi « ce qu’il y a de plus dangereux2 » ? Ce texte très éclairant nous permet de saisir en quoi les thèses comportementalistes ratent les enjeux cruciaux de cette question et nous invite à relire quelques pages du séminaire IV de Lacan, La relation d’objet3 ; à redécouvrir la fonction déterminante de la frustration dans les premières relations de l’enfant à la mère. Lors de nos échanges au cours de cette soirée, il a été question du cas d’un jeune adolescent, handicapé moteur dont les colères magistrales et l’intolérance radicale à toute frustration avaient mis en échec les diverses tentatives d’insertion dans un groupe au sein de l’institution qui l’accueillait ; illustrant par là ce que dit Lacan dans sa « Note sur l’enfant » : « Le symptôme somatique (…) est la ressource intarissable selon les cas à témoigner de la culpabilité, à servir de fétiche, à incarner un primordial refus4. »

C’est dans une ambiance aussi studieuse que conviviale, émaillée d’échanges issus de l’expérience des participants, que cet atelier va poursuivre son travail de lecture attentive. Il est possible bien sûr de nous rejoindre ! À bientôt !

Laurence Morel

Notes :
1 « Les super parents. Conseils et ressources en parentalité bienveillante » : « Dans son livre La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines, Olivier Maurel étudie cet étrange phénomène d’aveuglement collectif et montre à quel point la violence éducative ordinaire perturbe notre vision de la réalité : n’y a-t-il rien de plus simple à comprendre qu’un enfant à qui l’on n’apprend pas la violence… a peu de chance de devenir violent ? »)
2 « Enfants-tyrans » Hélène Bonnaud, Lacan Quotidien n° 783, 19 juillet 2018.
3 Jacques Lacan, Le Séminaire, livre IV, La relation d’objet, Seuil, 1994.
4 Jacques Lacan, « La note sur l’enfant », Autres écrits, Seuil 2001, p. 373.

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