L’Edito de la déléguée régionale de l’ACF-Normandie

Esquisse de Janvier

Janvier 2018

Jeudi 4 janvier 2018, par BB // ACF-NORMANDIE


Chers collègues, chers membres de l’ACF

Je vous souhaite une très bonne année à tous !

Notre nouvelle équipe est fin prête pour prendre le relais, merci à Marie-Hélène Doguet Dziomba et à son équipe pour le travail riche et soutenu mené au cours de ces deux dernières années.

Nous prenons le train en marche, avec déjà le prochain colloque de février « Accueillir ce qui cloche » préparé par l’équipe précédente. Les séminaires en place se poursuivent y compris le séminaire interne qui place le dispositif du cartel, de l’étude et du « comment lire » en son centre. Les cartels, organes de l’école, seront encore et toujours au cœur de notre travail.

La vivacité de la psychanalyse en Normandie est aussi lisible, visible sur notre site partagé avec l’Antenne clinique. Ecole, ACF, Antenne clinique, Champ freudien : tous ces lieux sont incarnés en Normandie.

Nous poursuivrons la mise en réseau, les rencontres, nous aurons à cœur de resserrer les rencontres déjà mises en œuvre avec les différents groupes du champ freudien. Nous nous préparerons aussi au congrès de l’Association Mondiale de la Psychanalyse qui se tiendra à Barcelone en Avril prochain sous le titre « Les psychoses ordinaires et les autres sous transfert ».

De nouveaux projets (nouveau séminaire d’étude, nouveau séminaire théorique) vont voir le jour prochainement, d’autres mûrissent… Consultez vos mails et l’agenda !

- Forer le sens commun voire la novlangue1

Dans son texte, « Refuser la novlangue2 », à propos des « troubles de la conduite », Alfredo Zenoni expliquait qu’il s’agissait de refuser de « nous laisser dire que nous ne nous en occupions pas encore de la bonne manière, parce que nous ne le faisions pas de manière scientifique, parce que nous n’abordons pas ces difficultés en terme de troubles des conduites. Justement nous refusons de l’aborder en ces termes car le faire ce serait adopter la conception que cette désignation entraine. » Cette intervention date d’il y a plus de dix ans et nous voyons aujourd’hui comment cela s’étend à tout le champ de la santé mentale mais pas seulement, nous en voyons les effets ravageants dans les institutions grâce aux collègues qui viennent témoigner de leur pratique, qui viennent dire leur angoisse face à cette langue aride, et à ses instruments tels que les protocoles.

« Céder sur le langage, c’est céder sur la chose même3... »

Alfredo Zenoni précise que « c’est seulement dans une langue singulière de chaque situation, de chaque pratique, de chaque vie que peut être extraite la seule objectivité qui leur correspond celle d’une vérité complexe dont les fils ne peuvent être démêlés que dans une pratique de parole où ce que le sujet dit compte. »

Nous pouvons mettre ce refus de la novlangue en perspective avec ce que soulignait Eric Zuliani lors de l’Assemblée Générale Ordinaire des ACF en décembre 2017. Il mettait l’accent sur « le sens commun », sur l’usage de la langue dans le sens commun et plus précisément sur la responsabilité qui nous incombe de le forer, le perforer.

Nous avons à multiplier nos efforts pour continuer à bien dire ce que nous faisons, soutenons comme inventions, trouvailles hors les normes.

Le principe de la novlangue est de supprimer les nuances de la langue, de réduire la pensée à un système binaire, d’éliminer réflexion et débat.

Aussi, chaque Un de l’ACF-Normandie est invité à enrichir par sa langue singulière les débats qui ne manqueront pas mais pas seulement, vos propositions de textes, courts ou longs, seront accueillies avec joie par notre équipe.

Gil Caroz soulignait aussi, lors de cette même assemblée générale, la mobilisation forte nécessitée par les moments de crises puis le retour à la routine « relative » ou peut être pourrions-nous la qualifier d’intranquillité plus tranquille. Notre ACF a suivi ce tempo et s’est engagée pour contrer, traiter le réel en jeu.

Aussi, la conversation entamée au sujet de la chose politique se poursuivra avec ceux qui le désirent au sein de notre ACF.

- L’inconscient, intime et politique.

Clotilde Leguil pose cette question dans l’édito du dernier Mental : « En quel sens le rapport de chacun à son inconscient pourrait-il avoir un quelconque lien avec la dimension du politique ? » L’auteur rappelle que Jacques Lacan en 1953 appelait le psychanalyste à ne pas céder aux temps arides du scientisme mais aussi à rejoindre la subjectivité de son époque et souligne que Jacques-Alain Miller dans sa conférence sur les hérésies prononcée à Turin le 8 Juillet 2017 poursuit cet appel aux psychanalystes.

Clotilde Leguil articule cette question de l’expérience intime et de ce qu’elle produit, à savoir un nouveau type de lien social « qui donne envie de s’engager autrement dans le lien social »

Précisons qu’il ne s’agit pas de militantisme mais plutôt de « s’engager sans faire disparaître le point depuis lequel chacun a eu affaire à ce qui ne peut se partager soit à la lettre singulière qui a marqué son corps »


La journée « Question d’école » qui se tiendra à Paris le 3 février prochain nous apportera sans nul doute de nombreux éclairages sur les psychanalystes aujourd’hui.

Je compte sur chaque Un d’entre vous !

Je remercie ici les personnes qui ont accepté de participer à ce nouveau mandat :
Comité Régional : Elodie Guignard et Claire Pigeon (bureau de Rouen) Serge Dziomba et Zoé Verhamme (Le Havre) Nadine Michel (Eure) Véronique Gouedart (Caen)
Déléguée aux cartels  : Marie-Hélène Pottier
Letterina  : Samantha Anicot et son équipe
La librairie : Nathalie Herbulot accompagnée de Céline Guedin
La bibliothèque : Eric Guillot et son équipe
Le site : Bertrand Barcat accompagné de Martine Beuzelin
POL : Elise Tailleux accompagnée de Héloise Dupont
Liste de diffusion : Thierry Desmares
Trésorerie : La déléguée régionale accompagnée de Catherine Grosbois et Martine Desmares
MDPN : Dominique Leveillé

Nous n’oublions pas Judith Miller ni Serge Cottet dont nous gardons la trace vivifiante de leurs désirs décidés.

Marie Izard-Delahaye, Déléguée Régionale.

Notes :
1 Résumé rapide de la définition tirée de Wikipédia : « La novlangue est la langue officielle d’Océania inventée par Georges Orwell dans son roman 1984 (publié en 1949). Le principe est de réduire la langue et ne ne conserver que les dichotomies qui renforcent l’influence de l’Etat. »
2 Zenoni A., « Refuser la novlangue », Intervention lors du meeting national du 14/06/08, à propos de la « conduite ». Les interventions sont rassemblées dans la revue Controverse.
3 Ibid.
4 Leguil C., « L’inconscient aux temps arides de la globalisation », Mental, n° 36.

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